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En salles le 15 mars 2017
ZOOLOGIE
un film de
IVAN I. TVERDOVSKY (Russie)

Zoologiya (Zoology) - 2016 - Russie - 87 mn - son 5.1 - couleur - Visa tous publics avec avertissement n•143.820 - VO Russe sous-titré Français

festival 2016
KARLOVY VARY Prix spécial du Jury ||
SOTCHI Prix de la presse et Meilleure actrice ||
BATUMI Meilleur film et Meilleure actrice ||
AUSTIN FANTASTIC FILM FESTIVAL Meilleur film NEXT WAVE ||
RIGA Prix de la jeunesse ||
COTTBUS Meilleur film et Meilleure actrice ||
LES ARCS Prix 20 minutes d’audace et Mention spéciale Jury jeune ||
Présenté à TORONTO || SAN SEBASTIAN || BUSAN || LONDRES BFI || SAO PAULO || CPH PIX || SALONIQUE || TRIESTE || GOTEBORG || INDIELIS || MARRAKECH


PRESSE
Audrey Grimaud
64 rue de Romainville
93100 Montreuil
06 72 67 72 78
audrey.gmd@gmail.com
www.audreygrimaud.com


synopsis
Il pousse une queue dans le bas du dos de Natacha.
Résignée jusqu’alors à une vie plutôt terne, cette étrangeté lui offre une liberté nouvelle.

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CLASSE À PART portait sur la vie d’adolescents, avec ZOOLOGIE vous dressez le portrait d’une femme mûre. Comment avez-vous écrit sur quelqu’un de bien plus âgé que vous ?

Les deux films sont différents, que ce soit de par leur sujet ou de par l’âge des personnages. Pour ZOOLOGIE, j’ai été étonné de pouvoir écrire aussi facilement l’histoire d’une femme d’âge mûr. Mais en réalité, nous avons beaucoup en commun. En fait, je suis même peut-être plus âgé qu’elle. Dans le film, Natasha est un peu comme une vierge qui serait confrontée pour la première fois – à 55 ans – aux complexités de la vie, à des sentiments profonds, aux conflits et aux malentendus. Bien sûr, les personnes de ma génération ont fait face à ces événements bien plus tôt dans la vie. Ce qui est extrêmement important dans cette histoire, c’est qu’une femme ayant déjà vécu la plus grande partie de son existence et qui, en théorie, devrait commencer à s’apaiser, se voit accorder une seconde chance. Elle commence à mener une nouvelle vie en faisant face à des événements qu’elle n’avait jamais eu l’opportunité d’expérimenter avant. Pour moi, c’est un aspect très intéressant de la composition dramatique.

Votre film donne la parole à ceux qui sont différents, « étranges », exclus de la société. Pourquoi ce sujet vous intéresse-t-il autant ?

Aujourd’hui, la société dans laquelle je vis et les gens qui m’entourent vivent d’une façon qui est différente de ce qui se passait il y a même cinq ans. Les gens ne recherchent plus leur individualité, au lieu de cela ils se tournent vers quelque chose d’universel. Il faut que tu achètes tes vêtements dans les boutiques à la mode, que tu ailles à des concerts branchés et que tu aies dans ton frigo une variété de nourriture spécifique, la même que celle de ton voisin. Si tu vas dans le métro habillé avec un T-shirt coloré, tu te distingues intrinsèquement de la foule en noir et blanc. ZOOLOGIE porte avant tout sur l’identification de soi-même dans l’espace qui nous entoure. Je pense que la fin du film reflète plutôt fidèlement ce qui se joue en ce moment dans mon pays et dans la société russe. Je présume que dans beaucoup de pays moins totalitaires, un dénouement comme celui-ci ne serait pas possible. Pour moi, ce film est une méthode de lutte contre la réalité. J’espère que ZOOLOGIE deviendra véritablement un « remède » efficace contre l’unification et la standardisation de toute société.

L’élément surnaturel de la queue contraste avec le contexte réaliste. Que signifie cette queue pour vous ?

La queue est la caractéristique qui distingue les gens les uns des autres. Elle symbolise quelque chose de spécial au même titre que tes opinions politiques, tes goûts musicaux ou artistiques, ton orientation sexuelle ou ton origine. C’est une notion assez souple. À un moment, notre protagoniste dit « Nous sommes tous différents », pour moi, la signification principale de la queue est là. Ta queue est ce qui te distingue de millions d’autres personnes.

Comment avez-vous eu cette idée ?

On ne voulait pas faire un film de science-fiction. Mais évidemment, il y a un élément fantastique dans l’histoire. Il ne pousse pas de queue aux humains, c’est un fait scientifique. Mais je voulais imaginer – hypothétiquement – de quoi aurait l’air une queue si nous pouvions réellement en développer une. Je peux difficilement me l’imaginer duveteuse ou jolie. Avec nos designers et experts en effets spéciaux, nous nous sommes efforcés de parvenir à quelque chose de réaliste. Bien sûr, certaines personnes pourront dire que notre queue est hideuse – mais peut-être que si nous pouvions réellement en avoir une, elle ressemblerait exactement à ça. Nous ne nous demandons pas si nos parties génitales sont suffisamment esthétiques ou pas. Je pense que cette vision d’une queue, un organe comme un autre, est assez réaliste.

Comment avez-vous fait la queue elle-même ? Etait-ce difficile de filmer avec ce genre d’accessoire ?

C’est une animatronique réalisée par plusieurs techniciens. Bien sûr, nous aurions pu créer une queue en utilisant les effets spéciaux. Mais pour moi il était important que l’actrice, Natalia Pavlenkova, passe du temps avec une véritable queue au lieu de la voir comme quelque chose d’abstrait ajouté en postproduction. J’avais besoin qu’elle la ressente physiquement. J’avais besoin de cette queue sur le plateau. De plus, l’actrice n’était pas autorisée à la quitter. Elle devait vivre toute l’histoire en la portant. Sinon, nous n’aurions pas eu un résultat suffisamment réaliste à l’écran.

Ce film a été filmé dans un endroit précis qui ne ressemble pas aux banlieues glauques qu’on peut voir dans bien des films venant de Russie, quelque chose qui se rapprocherait plus du Léviathan de Zvyaginstev. Que signifie cet endroit pour vous ?

Nous voulions justement éviter les « quartiers glauques ». L’histoire de CLASSE À PART se déroule dans une ville provinciale du centre de la Russie et je voulais quelque chose de différent. Nous avons choisi une ville côtière dans le sud du pays. C’était très surréaliste – Il n’y a pas d’autre