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En salles le 18 avril 2018
sonate pour roos
un film de
boudewijn koole

(Verdwijnen / Disappearance) - 2017 - Pays-Bas / Norvège - 92 mn - Néerlandais, Norvégien et Anglais sous-titré Français

festival
TORONTO 2017 ||
LES ARCS 2017 Compétition ||


PRESSE
Rachel Bouillon
+33 6 74 14 11 84
rachel.bouillon@orange.fr

synopsis
Roos rejoint la Norvège tous les ans afin de rendre visite à son jeune frère et sa mère pianiste.
Entre les deux femmes, d’anciennes tensions enfouies empêchent toute communication. Cette année, Roos souhaite pourtant partager une nouvelle essentielle.

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Expérience personnelle
L’histoire de SONATE POUR ROOS est en partie basée sur mon expérience personnelle. Elle trouve ses racines dans les relations mère-fille que j’ai observées entre ma mère et ses filles, mes soeurs. Pendant de nombreuses années, ce furent des relations troubles. Au sein de ma famille, certains ont décidé de ne plus se croiser pendant des années, cela a donné lieu à des fêtes d’anniversaires… étranges. J’ai essayé de comprendre, de jouer le médiateur. J’étais celui qui courait de l’un à l’autre, cherchant à transmettre à l’un que ce qui était dit ou fait par l’autre, l’était souvent par amour. Le personnage de Bengt – le petit frère – provient de là, du rôle de celui qui essaie de guérir les blessures. Le film est peut-être ma dernière tentative de guérir leurs blessures.

Intimité
J’ai grandi avec deux soeurs. Pas de frère. Mes soeurs m’on appris tout ce qu’il fallait savoir sur l’intimité. Je me souviens des nombreuses heures à jouer ensemble, à dormir ensemble, à nous battre aussi. Ces relations sont les plus intimes dont je me souvienne.

Les deux maternités de Louise
La mère de Roos, a grandi sous pression. Enfant prodige, elle devait répéter plusieurs heures par jour ses partitions de piano. Sa propre mère ne lui a jamais donné beaucoup d’amour. Il y a comme un trou dans la maternité de Louise. Jeune femme, elle déployait toute son énergie à jouer du piano, aux répétitions et à donner des concerts à travers le monde. Elle a beaucoup manqué à Roos… Bengt, son jeune frère, a grandi avec une Louise plus âgée, plus mature et qui avait abandonné le piano. Leur relation est très différente.

Observation
Le personnage de Roos tente de trouver la liberté d’une façon particulière. Elle est solitaire et voyage à travers le monde, sur lequel elle porte un regard affûté. Elle regarde les choses : la nature, la vie, l’amour. Elle a le goût pour observer les détails, les petites choses, comme un rideau de douche où un couteau laissé sur une table à côté de morceaux de poires. Elle garde une certaine neutralité vis à vis des règles et des conventions. Elle écoute sa voix intérieure. Son fort désir de liberté la conduit à une forme de solitude.

La mort et les vivants
Jolein Laarman, le scénariste qui m’a accompagné pour l’écriture de LITLLE BIRD, a survécu à une leucémie. Cette expérience a fait évoluer la relation pénible qu’il entretenait avec sa mère. C’est étrange de constater que nous avons souvent besoin de la mort pour freiner certains schémas relationnels. Parfois, elle permet de nous révéler la vérité, l’amour qui se cachait sous des voiles d’incompréhension.

Disparaître
Aux Pays-Bas, là où je vis, la mort a été un sujet tabou pendant de nombreuses années. Dans ma jeunesse, les funérailles devaient être courtes, sans verser de larmes. De nos jours, c’est tout le contraire : les funérailles sont devenues des célébrations, avec du vin et de la musique. Avec mon scénariste Jolein Laarman, nous avons recherché les funérailles les plus silencieuses possible, au cours desquelles la personne ne fait que s’en aller, disparaître. C’était la façon de faire de certaines tribus anciennes. En Europe, les gens n’ont plus l’espace de disparaître, seule la toundra du nord de la Norvège est encore à l’état sauvage.

La nature
Quand à la nature… Je dirais finalement que c’est juste nous. Nous sommes une part de cette merveille. C’est si facile d’aimer la nature, cela vient si naturellement : « Regarde le ciel ! », « Regarde cet arbre ! » « C’est si beau ! ». Nous semblons isoler la nature dans sa globalité merveilleuse, juste comme elle est. J’aimerais être capable d’isoler de la même manière mes amis, ma famille, moi-même, aussi naturellement. J’apprends beaucoup de la nature. Elle m’apprend la modestie, le temps et les dimensions des choses de l’amour.