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En salles le 21 février 2018
winter brothers
un film de
Hlynur Pálmason

(Vinterbrødre) 2017 - Danemark / Islande - 94 mn - couleur - format 1:1.66 - son 5.1 - VO Danois et Anglais sous-titré Français

festival
LOCARNO 2017 : Meilleur acteur, Meilleur film européen (Prix Europa Cinéma), Prix Jury jeune, Premier Prix du Jury oecuménique, Mention Spéciale FIPRESCI 2017 ||
TORONTO 2017 ||
CPH PIX 2017 : New Talent Grand PIX ||
LA ROCHE S/ YON 2017 : Compétition 2017 ||


PRESSE
Stanislas Baudry
+33 6 16 76 00 96
sbaudry@madefor.fr

synopsis
Emil travaille avec son frère dans une carrière de calcaire et vend aux mineurs l'alcool frelaté qu’il fabrique. Les relations changent lorsque la mixture préparée par Emil est accusée d’avoir empoisonné l’un d’entre eux.
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Où le film a-t-il été tourné ?
Le film a été tourné aux alentours d’une mine de calcaire et d’une vallée, près de la petite ville de Faxe au Danemark. Tout a été tourné dans environ 2km², ce qui nous a donné une grande flexibilité et un accès total à tous les décors 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Il fallait que nous puissions filmer chaque scène avec la météo et l’atmosphère adéquates. Les habitants et les employés de l’usine nous ont beaucoup aidé pendant tout le projet et ont participé en tant qu’acteurs.

Vous venez de l’art visuel. Comment cela vous a-t-il influencé pour ce film ?
Je me considère comme un artiste qui travaille avec de l’audio et du visuel. Au fur et à mesure du projet, je réalise s’il va devenir un film, une installation vidéo, une peinture, une sculpture ou une série de photos. Je pense que certains projets ont tendance à se transformer en histoires plus longues et dans ce processus, lentement, elles commencent à s’exprimer sous forme cinématographique. J’aime bien travailler en parallèle sur différents projets et avec différents matériaux. La plupart du temps, ces projets s’alimentent les uns les autres d’une façon quasi-organique et dépassent ainsi leurs propres limites.

Aviez-vous déjà ces images en têtes avant de les écrire, ou les avez-vous écrites puis vues ?
Le cinéma, touche la vue et l’ouïe. Quand je plonge dans le processus d’écriture, doucement, lentement, je commence à voir les images et à entendre les sons. J’écris et je développe mes scénarios sur place, ainsi tout est écrit pour un endroit précis. Je m’intéresse énormément à l’espace intérieur d’un film, c’est quelque chose auquel il faut s’attacher et qu’il faut entretenir pendant tout le cheminement d’un film. Je vois la création d’un film comme quelque chose de très fragile et mystérieux donc, essentiellement, plus j’approfondis le scenario, les personnages, l’endroit, etc. plus j’essaye de laisser de la place pour que des choses se passent. C’est un processus linéaire ; l’émotion et la vue vont émerger au même moment, tout est également important, le dialogue égal à l’image et l’émotion égale à la narration.

Le film a un design sonore très particulier. De quoi vous êtes-vous inspiré ?
Le son m’intéresse énormément, et ce dès les premiers stades de l’écriture. Il joue un rôle important dans la façon dont nous faisons l’expérience d’un film, c’est un fil conducteur de la narration. Il n’est pas simplement là pour accompagner le film, ni pour faire qu’une scène fonctionne ou ait l’air réaliste. Je me souviens d’avoir consciemment voulu que le son ne fasse pas exactement la même chose que l’image. De plusieurs façons, j’ai l’impression que le son est l’intérieur du film et l’image son extérieur.

Vous vivez entre le Danemark à l’Islande. Comment ces deux cultures et perspectives ont-elles influencé votre travail ?
Je vis entre ces deux pays et tous deux influencent mon travail. Si je me divise en passé, présent et futur, mon passé est profondément enraciné en Islande. Je peux le voir clairement dans mes premières œuvres et mes actuels travaux, l’utilisation de poissons comme matière pour la sculpture ou l’utilisation répétitive de la forme ou de l’image du bateau et l’observation du processus de décomposition d’un cheval. Toutes ces choses explorent quelque chose de profondément connecté à mes racines, quelque chose qui a joué un grand rôle dans le façonnement de l’Islande au cours des derniers siècles.
Le présent est probablement influencé par le temps que je passe ici au Danemark et les gens autour de moi, mais également par la nostalgie de chez moi.
Le futur est encore inconnu, mais est tout de même une des influences à l’œuvre dans mes visions et mes rêves. Je crois que je suis déchiré entre ces deux pays, que j’aime et déteste en même temps et que ça me plait de pouvoir y trouver un équilibre personnel et artistique.

Qui est Emil pour vous et que voudriez-vous que les spectateurs comprennent de lui ?
Avec Emil, j’explore le manque d’amour ou l’envie et le besoin d’être désiré et aimé. Avec Emil, je voulais décrire tout cela en langage cinématographique. Emil se raccroche désespérément à quelqu’un ou à quelque chose mais en même temps il y est étranger. J’ai essayée de le dépouiller de tout jusqu’à ne plus faire apparaitre que ses instincts primaires. Peut-être que c’est pour ça qu’il souffre autant. Il a la sagesse des idiots ; il est peut-être un peu décalé dans cette époque.

Comment s’est déroulé le casting ?
On a commencé le casting en même temps que l’écriture et j’ai eu la chance de travailler avec les acteurs que j’ai choisis. La directrice de casting, Rie Hedegaard, a eu un grand rôle dans le déroulement de la distribution. Elle est très impliquée dans la scène de la performance artistique au Danemark et son expertise m’a été précieuse.
Je recherche des choses très différentes dans chaque personnage. Certains, je veux simplement qu’ils soient là, je trouve qu’ils ont leur juste place dans le film. D’autres ont une fonction plus technique et doivent avoir la capacité d’aborder de longues scènes avec des dialogues difficiles ou posséder une sorte de charisme naturel qui transparait. Mais en réalité, il s’agit de trouver l’humanité en chacun, sa volonté et son besoin de travailler et collaborer avec un personnage dans l’univers du film. C’est une démarche intuitive et je me fie surtout à ma première impression. Je ne suis pas très rationnel ou logique.
J’ai trouvé mon personnage Emil, joué par Elliott Crosset Hove, avant d’écrire le scénario. Ensemble, nous avons fait plein de trucs pendant la phase d’écriture et le processus de développement : des sessions de photos, des dialogues, des scènes, des interviews et des virées sur le site de tournage. Eliott a également travaillé sur une performance de Lou Reed avec la chanson préférée de notre personnage : Street Hazzle.

Le cinéma islandais a rencontré récemment de beaux succès internationaux. Comment WINTER BROTHERS s’intègre-t-il dans ce cinéma ?
WINTER BROTHERS est mon premier long métrage, c’est une extension et une expression de mon travail antérieur. Il n’est pas surprenant que ce soit très différent du cinéma islandais ou danois vu dernièrement. Je crois que mon travail précédant allait déjà dans une autre direction, il était évident que j’explorais autre chose. Deux réalisateurs ne sont jamais exactement identiques, autrement dit, lorsque tu es totalement sincère dans ton travail, tu crées quelque chose d’unique. Je pense que c’est l’individu artiste, son tempérament et sa personnalité, qui confère la teinte et la vitalité du cinéma contemporain.