Accueil > Films > Out > Entretien avec le réalisateur

En salles le 02 août 2017
out
un film de
GyÖrgy KristÓf (Slovaquie)

Out – 2017 - Slovaquie/Hongrie/République Tchèque - 88 mn - couleur - 1:2,39 scope - 5.1 - Visa tous publics n°147.072 - VO Slovaque, Hongrois, Polonais,Letton, Estonien et Russe sous-titrée Français

festival
Sélection Officielle Cannes / Un Certain Regard ||
La Rochelle 2017 ||


PRESSE
Rachel Bouillon
+33 6 74 14 11 84
rachel.bouillon@orange.fr

synopsis
Ágoston, la cinquantaine, quitte sa famille pour s'aventurer à travers l’Europe de l’Est avec l’espoir de trouver un emploi et de réaliser son rêve : pêcher un gros poisson.
Porté par le vent et le sel marin, il parvient en mer baltique. Son périple le plonge dans un océan d’événements et de rencontres inattendus : une femme solitaire, un Russe aux intentions hostiles et un étonnant lapin empaillé.

voir toutes les photos





voir le film annonce
Ágoston quitte sa Slovaquie natale en direction de la mer baltique dans le but de trouver du travail et de pêcher du gros poisson. Comment est née cette idée ?
Je suis né en Slovaquie et ma famille y vit encore. Le personnage principal, un Hongrois de Slovaquie, est comme moi. Pendant l’écriture, je vivais à Riga, en Lettonie. Le contexte géographique était important, il était clair que je voulais faire le portrait d’un homme quittant son foyer et qui arrive en Lettonie. Un autre facteur a joué un rôle important : ce voyage fut aussi le mien, j’ai vécu dans de nombreux pays d’Europe de l’Est. L’histoire est venue de cette observation sur cette partie de l’Europe. Une autre question me taraudait : le héros devrait-il avoir mon âge ou être plus vieux ? Pour satisfaire la structure dramatique, il est devenu de plus en plus évident que le personnage principal devait appartenir à la génération de mes parents. Ágoston s’affranchit de sa famille, il prend son indépendance.
Il fait des rencontres surprenantes. Il a la cinquantaine et il a ce côté aventurier et rêveur que semble avoir perdu sa fille. S'agit-il d'un voyage initiatique ?
Ágoston perd son emploi dans la cinquantaine, il entre donc dans un certain inconfort, une vague inaptitude, et devient une sorte de paria. Peu à peu, il réalise que sa situation peut se transformer en opportunité et lui apporter de nouvelles expériences. Il entame un voyage pour combattre le vide de sa vie. J’ai vu cette tragédie opérer chez plusieurs personnes qui n’étaient pas toujours prêtes à ce saut radical. Cette perspective m’a servi à développer les autres personnages qui vivent enfermés dans leur monde. La génération de mes parents a vécu une période difficile : jeunes adultes à l’époque de la chute du communisme, ils ont assisté à l’éclosion du système actuel. Les nouvelles règles de survie, tout le monde n’a pas pu les adopter facilement. L’aspect social n’était pourtant pas ma priorité, j’ai préféré m’attacher aux rencontres et au voyage, propres aux pays traversés en Europe centrale et Europe de l’Est.
Le film est-il proche de scénario ? Avez-vous laissé une place à l'improvisation ?
Comparé au scénario, c’est le début du film qui a changé le plus. On comprend que la raison du départ d’Ágoston est en lui-même, les raisons sociales restant sous-jacentes. L’improvisation a été importante durant le tournage. Avec le directeur de la photographie, nous avons laissé une grande place aux propositions spontanées. L’exemple le plus fort, c’est certainement la scène de dîner avec les concombres dans la maison de Dimitri. Quelques lignes dans le scénario, pas vraiment de répétition : nous sommes allés directement dans l’improvisation filmée.
Le rôle a-t-il été écrit pour Sándor Terhes ?
Non, je n’avais pas d’acteur en tête en écrivant le scénario. J’ai même pensé un instant travailler avec un non-professionnel pour avoir un personnage authentique. Mais j’ai fini par réaliser que ce n’était pas la bonne direction pour le film et nous avons donc commencé une longue période de casting. Les forces de Sándor, son approche du rôle et son jeu d’une douceur merveilleuse m’ont convaincu qu’il était le bon choix, une évidence. L’image des scènes portuaires est très structurée, contrastant avec celle où la nature prend tout l’espace.
Comment avez-vous travaillé avec votre chef opérateur ?
L’image et la mise en scène sont directement liées aux décors. Nous les avons repérés dans différents pays et à plusieurs reprises. Le choix des décors a décidé du style du film. Il fallait des endroits visuellement forts sans chercher à les aménager ou les magnifier par des mouvements de caméra. Je tenais aussi à ce qu’ils intègrent des composantes absurdes ou amusantes. Il était aussi extrêmement important qu’on ne puisse pas reconnaître telle ou telle ville. Avant le tournage, nous nous sommes mis d'accord sur un choix du matériel pour l’ensemble du film, sans storyborad ou liste spécifique par scène. Nous arrivions sur le plateau, regardions autour de nous, répétions la scène avec des acteurs puis décidions enfin de mettre en place le cadre.
Pourquoi ce titre : Out ?
Le titre s’est imposé au tout début de l’écriture. Il définit l’histoire depuis son origine : un personnage qui sort de plus en plus de la société (préalable nécessaire pour y retourner).